Historique


La Loterie Nationale a été créée en réponse à la crise économique de la fin des années vingt du siècle passé. Le gouvernement de Charles de Broqueville espérait pouvoir s’en servir pour combler le déficit budgétaire du Congo Belge. Le 29 mai 1934, une loi et un arrêté royal habilitèrent ainsi le ministre des Colonies à organiser une Loterie coloniale.

Le fait que le gouvernement chercha son salut dans une loterie n’avait rien d’exceptionnel. Une loi du 31 décembre 1851 avait en effet prévu la possibilité d’organiser des loteries à des fins charitables, pour le financement de projets culturels ou à fins d’utilité publique, à condition, que les administrations locales, régionales ou nationales y donnent leur accord. La tâche de la loterie publique consistait à canaliser les besoins de jeu de la population et à en redistribuer les gains à la société.

Le premier tirage de la Loterie Coloniale eut lieu au Cirque Royal, le 18 octobre 1934.

 

A l’époque, un billet coûtait 100 francs. Convertie à sa valeur d’aujourd’hui, cette somme représente un montant astronomique qui explique pourquoi les deux millions de billets ne furent pas tous vendus. Lors du deuxième tirage, le nombre des billets et le prix des billets furent divisés par deux. La vente de cinquièmes permit à tous d’y participer. Grâce à l’analyse rapide et à des réactions adéquates, la Loterie Coloniale put compter sur la confiance de plus en plus de joueurs.

Les bénéfices de ce tirage furent affectés au Fonds du Bien-Etre Indigène par le biais du Trésor Colonial. Les bénéfices engrangés grâce au franc supplémentaire ajouté au prix des coupures permirent d’injecter des moyens de fonctionnement substantiels dans toute une série d’associations philantropiques (notamment l’Œuvre Nationale des Invalides de Guerre, l’Œuvre Nationale des Anciens Combattants et des Victimes de la Guerre, l’Œuvre Nationale des Aveugles, l’Œuvre Nationale de l’Enfance, la Croix-Rouge, etc.).


 


Pendant la Deuxième guerre mondiale, les activités de la Loterie Coloniale furent suspendues. L’administration assura la poursuite des activités de loterie par le biais de la Loterie Secours d’Hiver. De janvier 1941 à septembre 1944, les gains de cette loterie furent redistribués aux victimes nécessiteuses de la guerre.

Les activités de la Loterie Coloniale reprirent après la guerre.

 



L’arrêté royal du 27 décembre 1945 modifia pour la première fois le plan de répartition des bénéfices.

 

L’attribution de la prime sur les coupures fut fixée en pourcentage ; un certain nombre d’associations furent supprimées, plusieurs nouvelles furent ajoutées parmi lesquelles le Fonds ‘Reine Elisabeth’pour l’assistance médicale aux indigènes du Congo et le Fonds Social du Kivu. L’arrêté royal du 3 mai 1947 y ajouta également la Fondation Père Damien. Progressivement, des voix s’élevèrent pour que les bénéfices ne soient plus exclusivement réservés aux colonies et qu’une partie de ceux-ci soit également distribués directement en Belgique.

En vue de l’organisation de l’exposition universelle de Bruxelles de 1958, la loi du 27 juillet 1953 stipulait que pendant 18 ans, 40.000.000 BEF des bénéfices annuels seraient attribués à cette organisation et que le reste serait versé au Fonds du Bien-Etre Indigène. La même loi stipulait aussi que la moitié des bénéfices d’une tranche spéciale de Pâques serait attribuée au Fonds National des Calamités de la Croix-Rouge de Belgique au bénéfice des victimes des inondations du 1er février 1953.

Au moment de l’indépendance du Congo, le 30 juin 1960, un arrêté royal modifia le nom de “Loterie Coloniale “ en “Loterie Africaine”. Etant donné le mauvais accueil réservé à cette initiative par la population, l’arrêté royal du 10 décembre 1962 créa la ‘Loterie Nationale’et cette dernière fut en même temps placée sous le contrôle du ministère des Finances.

 



Le 6 juillet 1964, une loi spéciale relative à la Loterie Nationale fut adoptée dans le but d'en assurer la continuité par le biais de dispositions expresses et permanentes. La Loterie Nationale devint un service du ministère des Finances doté d’une gestion distincte mais sans personnalité juridique propre. Elle était placée sous l’autorité du ministre des Finances et gérée par un comité de gestion qui se composait de huit hauts fonctionnaires provenant de divers ministères. Sa gestion journalière fut confiée à un fonctionnaire du ministère des Finances titulaire du grade de directeur général. A partir de ce moment, les bénéfices nets furent affectés, en partie, au financement de projets au bénéfice de la population rurale des pays en voie de développement et en partie aussi à des objectifs d’utilité publique sur lesquels le conseil des ministres devait délibérer.

Cet arsenal juridique avait pour but de permettre à la Loterie Nationale de mener une politique capable de réagir avec une certaine flexibilité aux défis internationaux.

Les fortes inondations de 1976 à Ruisbroek furent l’occasion, non seulement d’aider financièrement ses victimes par l’intermédiaire du Fonds National des Calamités, mais aussi de procéder à plusieurs changements radicaux au sein de la Loterie Nationale. La loi du 12 juillet 1976 modifia celle du 6 juillet 1964 et élargit les activités de la Loterie Nationale pour lui permettre de s’adapter aux tendances internationales. A partir de ce moment, le ministre des Finances reçut également la compétence d’organiser une loterie à numéros en plus de la loterie existante basée sur les billets. Cette nouvelle compétence mena à la création du Lotto et du Toto. La même loi stipulait encore une fois que le bénéfice net devait être utilisé exclusivement à des fins d’aide au développement mais qu’une partie du bénéfice serait utilisée à des fins d’utilité publique. Chaque année, une émission spéciale de la loterie à billets serait donc organisée au bénéfice du Fonds National des Calamités.

Le premier tirage du Lotto eut lieu le 4 février 1978.

 

Après un démarrage timide et une cagnotte de 18.563.260 BEF, un mois plus tard à peine, la cagnotte était portée à 80 millions de francs. Après deux ans, la Loterie Nationale vit ses bénéfices doubler. 1978 constitue donc un jalon dans l’histoire de la Loterie Nationale. Cette entreprise de taille moyenne devint une grande entreprise imposante. Son personnel quadrupla, la Loterie Nationale s’installa dans la tour de l’ancien hôtel Westbury, tout près de la gare centrale. Jusqu’en 1974, l’approvisionnement en billets fut assuré par deux distributeurs seulement. En 1981, 70 concessionnaires signèrent un contrat avec la Loterie Nationale.

Dans la foulée du Lotto qui devint extrêmement populaire, d’autres idées furent rapidement testées. Il y a eu des pronostics de football, le Toto, un nouveau type de loterie à billets fut lancé, ‘Sweepstake’, dans lequel les lots étaient attribués sur la base des résultats de courses de chevaux et d’un tirage. Ces formules connurent cependant peu de succès. Depuis l’arrivée du Lotto, l’intérêt du public pour les billets de loterie classiques était en baisse. Une tentative de réhabilitation sous la forme d’un billet Duo avec loterie instantanée et plus tard de l’introduction du billet Baraka, ne donna pas les résultats escomptés. Les loteries instantanées Presto (1983) et Subito (1987) connurent par contre un énorme succès.

Plus le chiffre d'affaires de la Loterie Nationale augmentait, plus la distribution des bénéfices devint intéressante et des questions parlementaires furent posées au ministre des Finances, entre autres, sur l'interprétation concrète de la notion “à des fins d’utilité publique”. Plusieurs arrêtés royaux répondirent à ces questions. L’arrêté royal du 27 décembre 1979 énuméra les établissements types pouvant entrer en ligne de compte pour bénéficier de subsides sous l'une ou l'autre forme, notamment les institutions pour handicapés mineurs et adultes, les ateliers protégés, les écoles d'enseignement spécial, les maisons de repos pour personnes âgées, etc. L’arrêté royal du 23 août 1982 précisa la notion "à des fins d’utilité publique" et l’élargit aux catégories suivantes : sport, art et culture, nature et protection de l’environnement, recherche scientifique, manifestations dont le rayonnement est bénéfique au prestige national ou à la vie sociale, économique ou culturelle. Beaucoup plus tard, l’arrêté royal du 24 janvier 1991 élargit encore cette définition en y incluant toutes les activités sociales, familiales, humanitaires, patriotiques ou scientifiques au sens large du terme des personnes morales belges sans but lucratif ainsi que les objectifs d’utilité publique. En réponse à un manifeste des lauréats du prix Nobel, le gouvernement créa, par la loi du 3 octobre 1983, un ‘Fonds de Survie pour le Tiers-Monde’alimenté par la Loterie Nationale. A partir de 1984, la distribution des bénéfices nets fut fixée en pourcentages par secteur : 35 % pour la coopération au développement, 25 % pour le Fonds de Survie du Tiers-Monde et les ‘objectifs d’utilité publique’ et 40 % notamment pour le Fonds de solidarité de Belgique, la Croix-Rouge de Belgique, la Fondation européenne contre le cancer et le Théâtre royal de la Monnaie.

Outre les subsides directs, à partir de 1980, de nombreuses associations ont également reçu un soutien supplémentaire sous la forme d'un sponsoring. En principe, tous les sports et toutes les manifestations culturelles entraient en ligne de compte mais en pratique, la valeur intrinsèque de l’événement, les possibilités budgétaires et leur impact publicitaire surtout primèrent. Les manifestations de grande qualité s’adressant à un large public sont plus facilement prises en compte que les manifestations plus élitistes. Le cheval de parade du sponsoring sportif fut l’équipe cycliste du Lotto, créée en 1984.

En application de la loi spéciale du 16 janvier 1989 relative au financement des Communautés et des Régions, 27,44 % du budget des subsides de la Loterie Nationale furent attribués aux trois Communautés de notre pays (germanophone, française et flamande). Les Communautés peuvent décider elles-mêmes de l’attribution de ces subsides dans les secteurs du sport, de la culture, des sciences, du tourisme, de l’enseignement spécial, des soins aux personnes handicapées, de l’environnement, etc.

Si 1978, l’année du ‘Lotto’, fut une année charnière extrêmement importante dans le développement des bénéfices, l'année 1991 fut, elle, surtout importante au niveau de son organisation. Dans le cadre d'une politique gouvernementale désireuse de renforcer l’autonomie et le sens des responsabilités des services publics à caractère commercial, à compter du 1er septembre 1991, la Loterie Nationale devint une institution d’utilité publique autonome dotée de la personnalité juridique placée sous le contrôle du ministre des Finances. A partir de cette date, la Loterie Nationale ne dut plus se limiter à l’organisation de loteries publiques basées sur des méthodes commerciales et disposa également du droit de rentabiliser ses installations et son savoir-faire, de conclure des contrats avec des loteries étrangères ou d’autres personnes, soit en vue de réaliser des opérations conjointes, soit en vue de commercialiser leurs produits respectifs.

L’affectation des bénéfices changea peu sauf au niveau du subventionnement de la Caisse Nationale des Calamités. A ce niveau, une dotation annuelle remplaça les subsides variables rapportés par une tranche spéciale de billets de loterie. La Fondation Roi Baudouin bénéficia elle aussi d’une dotation annuelle. A partir de ce moment, le subventionnement se fit sur la base d’un plan de répartition annuel fixé chaque année par un arrêté royal délibéré en conseil des ministres sur proposition du ministre des Finances. Ces plans de répartition suivirent les grands objectifs d’utilité publique spécifiés dans l’arrêté royal du 20 février 1992. Les restructurations de 1991 s’imposaient. Parallèlement à la croissance du chiffre d’affaires annuel, les bénéfices et l’extension du personnel avaient entraîné des modifications fondamentales au niveau de l’organisation et de l’équipement des services administratifs qui avaient besoin de plus de flexibilité. Le service “Produits et recherches” créé en 1991 se mit à proposer toutes sortes de produits novateurs à un rythme accéléré. Les jeux à gratter comme Domino, 21, Tele-Kwinto, liés à un jeu télévisé, Scrratch et Trix virent le jour. 1992 fut l’année du lancement de l’automatisation du réseau de vente Lotto/Joker. A partir d’avril 1993, les 4.200 points de vente furent équipés d’un terminal online. Ces terminaux étaient reliés à l’ordinateur central de la Loterie Nationale via un réseau de télécommunication et transmettaient directement les données de participation. Cela permit aux participants de continuer à jouer presque jusqu’au moment du tirage.

L’introduction d’un deuxième tirage hebdomadaire du Lotto et du Joker le 6 octobre 1993 fit un tabac. Le tirage quotidien du Keno (1995) tenta de répondre aux envies d’un autre type de joueurs.

En septembre 1996, le règlement du Lotto fut modifié suite à l’introduction d’un ‘Fonds de cagnotte’. L’argent de ce fonds provient de la retenue de 3 % sur la mise de chaque tirage du Lotto.

Le 3 octobre 1998, le prix du Lotto fut modifié. A partir de ce moment, une grille coûta 20 BEF au lieu de 10 BEF. Il s’agissait de la première adaptation de prix depuis le lancement du Lotto le 4 février 1978. Cette augmentation de prix correspondait à l’évolution de l’inflation. Sur la même période, le prix du pain avait quasi doublé : en 1978, un pain d’1 kg coûtait 30 BEF à peine, en 1998, il en coûtait 57 ; en 1978 un quotidien coûtait 10 BEF et un timbre-poste pour une lettre ordinaire 8 BEF. Parallèlement, les montants attribués aux gagnants furent eux aussi augmentés.

Les contacts internationaux avec d’autres loteries publiques s’élargirent. Une nouvelle impulsion fut donnée à ce phénomène par la modification structurelle de septembre 1991. Quatorze pays de tous les continents, sauf l’Australie participèrent au tirage universel de Séville du 9 mai 1992. La tradition du tirage d’une loterie européenne, lancée en 1988 à Madrid fut poursuivie.

Régulièrement, l’offre en billets à gratter fut modifiée pour répondre aux desiderata et aux attentes du public. Avec Bingovision, en 1997, la Loterie Nationale lança un nouveau jeu télévisé. Magico et Eldorado furent créés en 1997, Picto, Subit’Euro et Win For Life en 1998.

 

 

Ce dernier billet à gratter auquel était lié un montant mensuel de 1.000 euros versé au gagnant tout le reste de sa vie connut un vif succès. En 1997, la Loterie Nationale développa son propre site sur Internet qui permit une communication directe avec les joueurs dès 1998. La même année, la Loterie Nationale déménagea Rue Belliard. En 1999, le réseau de vente fut radicalement modifié. Jusqu’à cette date, une septantaine de concessionnaires servaient d’intermédiaire entre la Loterie Nationale et son réseau de vente. A partir de cette date, cette fonction fut reprise par neuf bureaux régionaux occupant leur propre personnel. Ces 9 bureaux ( 4 en Flandre, 4 en Wallonie et 1 à Bruxelles) desservaient tous les points de vente du pays. En même temps, le matériel informatique de la gestion online fut remplacé et les programmes de gestion modifiés (15 serveurs informatiques, un réseau de plus de 7000 points de vente on-line, une capacité de stockage de plus de 1.000 milliards de caractères, le traitement de 240.000.000 transactions par an par le système online, plus de 220.000.000 billets de loterie à traiter, des pics de parfois plus de 12.500 transactions par minute)

Sur la période 1999-2000, la série des billets à gratter fut encore complétée du Bingo Express et du Kosovo dont les bénéfices furent intégralement affectés à l'aide dans cette région en guerre. Suivirent encore : Astro, Cybero et Loxo. A partir de 2001, une nouvelle formule de billets à gratter saisonniers fut chaudement accueillie par le public : Halloween, Valentine, Pascal et Cyclo.

Au niveau des loteries à numéros, en 2001, la Loterie Nationale mit au point un système d'abonnement permettant au joueur de participer aux tirages du Lotto/Joker sans devoir se déplacer. Après Win for Life, Cabrio devint le nouveau jeu à gratter le plus populaire. A partir de mai 2002 ce jeu à gratter permettait de remporter une voiture. Après l'été, Cabrio était remplacé par Corso. Ce jeu permettait non seulement de gagner de l'argent mais aussi un voyage.

L'élargissement de la gamme des produits est une des principales raisons qui expliquent la croissance du chiffre d'affaires annuel sur la période 1991-2001. La progression annuelle de 5 % du chiffre d'affaires de la Loterie Nationale obligatoirement prévue dans son plan d'exploitation pour les années 1995 à 2001 ne fut cependant pas toujours été réalisée. Après l'année très réussie de 1999, la Loterie Nationale connut en effet une période de stagnation et même de recul de son chiffre d'affaires.

En 2002, un changement radical intervint : le gouvernement décida de transformer la Loterie Nationale en une société anonyme de droit de public. La loi du 19 avril 2002 l'autorisa à réagir de manière dynamique à la société en évolution constante et rapide. Aujourd'hui, la Loterie Nationale est dirigée par un conseil d'administration composé de 14 membres parmi lesquels un administrateur délégué. Le 13 février 2003 a suivi la désignation d'un tout nouveau comité de direction. Il est composé d'experts par le vécu qui ont souvent gagné leurs galons dans des entreprises privées. La première mission consistait à fondamentalement restructurer l'entreprise et à la préparer à son nouveau statut de SA. Contrairement aux autres SA, l'Etat reste le seul actionnaire de la société, ce qui lui permet de continuer à exercer son rôle social qui constitue l'essence même de son droit d'existence. Les relations entre l'actionnaire (l'Etat) et la Loterie Nationale sont réglées par un contrat de gestion quinquennal. Ce contrat stipule que la Loterie Nationale doit intervenir en tant que fournisseur de jeux de hasard socialement responsable. Elle doit canaliser le comportement de jeu de la population belge de manière ciblée et permettre à un large groupe de la population de trouver son plaisir dans le jeu en leur proposant des jeux récréatifs. Elle doit éviter le risque d'addiction aux jeux de hasard et contribuer à la prévention et au traitement de l'addiction aux jeux de hasard et à la protection des mineurs. Le contrat de gestion impose aussi des règles de calcul et de paiement de la rente de monopole, des cotisations spéciales et le pourcentage des bénéfices consacré chaque année au financement de programmes d'aide aux pays en développement, à des fins d'utilité publique et à d'autres buts louables. Le but social de la Loterie Nationale reste inchangé mais son nouveau statut confère à l'entreprise une plus grande liberté d'action qui lui permet, par exemple, de participer à des groupements d'intérêts économiques européens. Dans la nouvelle réalité européenne, cette forme de coopération est devenue indispensable du fait de la position difficile de monopole sur l'organisation des loteries d'une part et du fait des substantielles opportunités qu'offrent les accords de coopération avec d'autres loteries européennes d'autre part. Une réalisation concrète dans ce domaine concerne Euro Millions, synonyme depuis octobre 2004 de nouvelles activités et de considérables revenus. Au niveau interne, la Loterie Nationale est passée à une communication beaucoup plus intensive et à une collaboration beaucoup plus étroite entre son conseil d'administration et son comité de direction. L'accent est désormais plus mis sur la priorité hiérarchique de l'administrateur délégué au sein de la Loterie Nationale. Un nouvel organigramme de la société a été élaboré et les compétences ont été fixées par écrit. Le but de cette nouvelle organisation est d'arriver à un équilibre sain entre l'expérience et la fiabilité présentes dans la maison d'une part et le vent nouveau en matière de culture d'entreprise qu'apportent les nouvelles recrues en provenance directe du secteur privé d'autre part.

Ce processus de dynamisation a eu un très gros impact sur le processus de vente. Une très grande attention a été accordée au développement et à l'optimalisation du réseau de vente. Une équipe de développement a été chargée d'étudier et d'élaborer une nouvelle approche commerciale. Outre le magazine trimestriel LO Contact de la Loterie Nationale distribué à son canal de vente, la Loterie Nationale publie aussi de plus en plus fréquemment un LO News, un bulletin des dernières actualités qui assure une communication rapide par voie numérique et a mis sur pied un réseau de 24 délégués commerciaux. Un programme complet de relationship marketing crée une situation win-win pour les deux parties qui stimule la motivation de vente et donc les résultats de vente. Pour améliorer encore le service à la clientèle, en 2003, de nouveaux terminaux Altura ont été installés dans 5400 points de vente. Un écran d'information pour le joueur et un écran tactile pour le vendeur assurent une plus grande efficacité.

Les efforts consentis pour sortir encore et toujours de nouveaux produits qui répondent à la demande des divers groupes de consommateurs, sont désormais encore intensifiés par le nouveau service ‘Strategy & Business development’. De vastes études de marché serviront de base au renouvellement des produits qui seront mieux encore adaptés aux goûts et aux besoins du consommateur.

En ce qui concerne les jeux online, la Loterie Nationale a sorti le Pick-3. Une des caractéristiques de ce petit frère du Lotto, du Joker et du Keno est qu'il est lié à une plus grande probabilité d'un gain légèrement moins élevé. En 2003, dans la catégorie des jeux à gratter, la tendance line extension se poursuivit avec le lancement de nouveaux billets Cabrio et Loxo, suivis du billet Lucky-Six. Dans la deuxième moitié de l'année, le lancement de non moins de cinq nouveaux produits à gratter (Cleopatra, Casino, Halloween, cartes de vœux à gratter et 2004 for Life) mena à une augmentation de 14 % des ventes par rapport à la même période de l'année précédente. Ce succès fut logiquement suivi en 2004 de l'arrivée de nouveaux billets à gratter : Fun for Life, Kop & Munt, Shoot Goal et Shoot Smash.

En 2003, des efforts intenses furent réalisés pour le 25e anniversaire du Lotto. Un formulaire de Lotto spécial permettait, pour une mise de 5 euros minimum, de gagner immédiatement 1.000 ou 10.000 euros et plus tard dans l'année, même 1.000.000 euros. La progression du chiffre d'affaires du Lotto de 6,6 % cette année anniversaire par rapport à 2002 fut surtout due à une meilleure planification des cagnottes. En 2003, 15 cagnottes furent organisées pour un montant total de 39.000.000 euros. La grande campagne d'image du Lotto menée en 2004 fit appel à un moment de rêve que tout un chacun qui a joué au Lotto (re)connaît : ‘le prochain c'est moi’.

Pour les 70 ans de la Loterie Nationale mit en place un programme festif avec un tirage spécial de 7.000.000 euros, la plus grosse cagnotte jamais proposée en Belgique, un billet à gratter spécial Subito 70, une exposition "L'enchantement du jeu. 70 ans de la Loterie Nationale", la réédition du livre ‘Loteries en Europe. Cinq siècles d'histoire’, une séance académique et une grande fête.

A partir de l'été 2006, les cagnottes classiques de l'été du Lotto/Joker furent remplacées par une cagnotte permanente qui augmentait de 250.000 euros tous les samedis et tous les mercredis et ceci pendant 20 semaines consécutives. Le lancement de nouveaux billets à gratter fut destiné, d'une part à améliorer les jeux existants et à y apporter des variantes (Casino Prestige, Subito XL, Presto XL,…) et d'autre part à répondre aux désirs des joueurs ‘amateurs de fun’, toujours à l'affût de nouveautés (Passport, Sesamo,King ou Cash,…). Certains jeux à gratter furent liés au monde du sport, comme par exemple le billet à gratter édité à l'occasion des 100 ans du COIB, Podium (F1, courses cyclistes, courses de chevaux) et Goal. D'autres billets à gratter jouèrent sur les tendances (Star Wars et Pink Panther sortis en même temps que les films du même nom) ou sur des jeux populaires (Pacman, Monopoly).

Pour remplir une série de tâches imposées par les pouvoirs publics, la Loterie Nationale accorde une attention particulière à la prévention de l'addiction aux jeux de hasard et à la protection des mineurs. Non seulement il est tenu compte des paramètres spécifiques qui aident à prévenir l'addiction aux jeux de hasard dans la conception des nouveaux produits mais la Loterie Nationale a aussi mis sur pied, en 2006, une campagne intensive intitulée "Jeu responsable".

Malgré sa restructuration en une organisation commerciale moderne, la Loterie Nationale reste fortement axée sur sa mission sociale étroitement liée à son histoire. Pourtant, 2002 a marqué un tournant important dans le domaine des subsides : à partir de cette date, la Loterie Nationale a demandé que ces subsides fassent l'objet d'une publicité en demandant à leurs bénéficiaires de communiquer à leur entourage que leur projet bénéficie d'une aide de la Loterie Nationale. Un point qui a été plus particulièrement mis en exergue aussi dans des campagnes institutionnelles "Vous jouez, vous aidez" et "La Loterie Nationale crée des chances".

La philosophie des subsides, la répartition des subsides et la manière dont les subsides peuvent être demandés sont liées depuis 2004 à une Charte des subsides.


Pour la Loterie Nationale, son engagement humanitaire reste une priorité. Elle subsidie toujours la Direction générale pour la coopération au développement et le Fonds de Survie belge. Elle s'adapte en permanence aux situations d'urgence de plus en plus nombreuses, un domaine dans lequel les besoins sont de plus en plus importants Elle veut créer des chances et depuis 2006 place de nouveaux accents en ce sens: elle propose une aide financière aux organisations débutantes lors du démarrage de leurs projets. Elle veut proposer aux jeunes des opportunités de développer leurs talents tant sur le plan culturel que sportif ou scientifique. Elle soutient les associations prometteuses et les organisations confrontées à des difficultés dans la réalisation de leurs projets. Elle veille à ce que les citoyens économiquement faibles puissent participer à des événements sportifs ou culturels.

 
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